
Autrefois - et il n’y a pas si longtemps - l’homme n’avait pas connaissance (ou peu) de la cartographie du globe, ni même que la terre pouvait être ronde. Sachant que les moyens de transport demeuraient quasi inexistants à l’époque, la voie maritime était alors l’unique moyen de découvrir la planète. C’est ainsi que partaient, au péril de leurs vies et pour une durée indéterminée, des hommes téméraires et aventureux, souvent sous l’ordre de hautes royautés, à bord d’embarcations au confort rudimentaire. Marins, explorateurs et commerçants bravaient mers et océans à la conquête d’un nouveau monde, mais aussi d’empires commerciaux (les épices, l’or et les pierres précieuses). Qui sont ces personnages mythiques de l’histoire, précurseurs de la connaissance cartographique de la terre, qui ont ouvert des voies à d’autres au fil des siècles ?
Marco Polo (1254-1324), à la conquête de la route de la soie
Né à Venise, Marco Polo est un jeune commerçant vénitien parti dès l’âge de dix-sept ans avec son père et son oncle à la conquête de la route de la soie. Sans vraiment le savoir, le voyage comblera vingt-six années de sa vie d’homme et en fera un des explorateurs les plus mythiques au monde. Sans avoir fait de réelles découvertes de terres nouvelles, Marco Polo apporta une connaissance indéniable de l’Extrême-Orient à l’Europe de l’époque. Après avoir traversé de nombreux pays et découvert des voies maritimes, il s’installe pour plusieurs années en Chine où il devient diplomate. C’est du moins ce qui est raconté dans son fameux “ Livre des Merveilles” qu’il fît écrire entre les barreaux, prisonnier lors de la guerre de Gênes, par son compagnon de cellule romancier et écrivain : Rusticello de Pise. Roman enjolivé, modifié, ou pure invention diront certains ? En l’absence de preuves d’imprimerie de l’époque, le doute persiste. Mais qu’importe, le livre inspira fortement d’autres navigateurs avides de découvertes comme Christophe Colomb, et leur a ouvert des voies navigables vers l’Orient.
Ibn Battûta (1304-1377), le Marco Polo de l’Islam
Sur les traces de Marco Polo, cet explorateur maghrébin renommé est né à Tanger. Encore un personnage mythique qui a marqué l’histoire, mais avec toutefois une spécificité qui lui est propre. Ibn Battûta, du vrai nom de Abu Abdullah Muhammad Ibn Abdullah Al Lawati Al Tanji Ibn Battuta, est une grande personnalité de l’Islam médiéval. Tout d’abord homme de religion, certains disaient même qu’il était un Saint ; Ibn Battûta est aussi un écrivain intellectuel, disons même un érudit hautement diplômé. Il décrit l’Islam dans toutes ses subtilités, tout en portant un regard ouvert sur le monde et les autres religions, dont un des buts ambitieux est de réunir des peuples qui se déchirent par ignorance. Ibn Battûta, dont le but ultime est de faire des pèlerinages religieux à la Mecque, consacre vingt-huit années de sa vie à sillonner les mers et explorer de très nombreux pays d’Orient et aux quatre coins du monde. Intégré le plus souvent dans l’équipage des grandes caravanes marchandes, il fît en tout plus de cent vingt-huit mille kilomètres. Ses écrits sont de grandes oeuvres qui furent intégrés à la littérature universelle, mais tout comme Marco Polo, elles font l’objet de controverses sur leur véracité. Jalousies ou vérité ?
Christophe Colomb (1451-1506) - Vers la nouvelle route des Indes
Fils de tisserand italien né à Gênes, Christophe Colomb est un grand passionné de géographie puis par la suite, cela va de soi, de voyages. Il devient un ambitieux marin et entretient un rêve depuis tout jeune : atteindre la Chine, à l’époque mystérieuse et mythique, en exploitant une voie maritime jamais empruntée auparavant. De ses quatre voyages, Christophe Colomb ne découvre pas l’Amérique mais de nombreux autres pays. Parti de Palos de la Frontera en Andalousie en 1492 avec trois caravelles, il accoste sur les rives des îles Bahamas en se croyant au Japon. Lui et son équipage jettent ensuite l’ancre sur les côtes cubaines, puis à Haïti qui sera alors baptisée « Hispaniola » - L'île Espagnole. Il en repart délesté d’une quarantaine de ses hommes dont la mission est de bâtir une cité. Lors d’un autre voyage, il débarque en Amérique par le Mexique, mais plus de vingt années après que le continent ait été découvert. Christophe Colomb n’aurait donc pas découvert l’Amérique, contrairement au mythe. A savoir que son nom fût donné à la Colombie alors qu’il n’y aurait jamais mis les pieds. Pour quelle raison ? Crise de pouvoir ? Il fît l’objet lui aussi de nombreuses controverses et jalousie. Accusé à tort d’esclavagisme et de maltraitance sur les indigènes alors qu’il n’en disait que du bien ; traqué par ses rivaux espagnols, puis destitué de ses fonctions, et pour finir “doublé” par un de ses amis qui fût reconnu à sa place, Christophe Colomb subit de nombreuses injustices, puis mourut dans l’indifférence la plus totale en 1506. Mais ce personnage légendaire reprit sa place mythique post-mortem, et inspira à son tour d’autres explorateurs en quête d’aventure et de riches découvertes.
Fernand de Magellan (1480-1521), sur les traces de Christophe Colomb
Issu de la noblesse portugaise, Fernand de Magellan réalise le tout premier tour du monde, et dans le même temps, il est à l'origine de la toute première circumnavigation dans l'histoire de la marine. Navigateur et explorateur, il a l’ambition de partir sur les traces de Christophe Colomb pour rejoindre l’archipel des Moluques (les îles aux épices en Indonésie), mais en empruntant une toute nouvelle route maritime par l’ouest, sans traverser l’Océan indien. Il croit en l'existence d’un détroit qui passerait en transversale du continent sud-américain, plus précisément en Patagonie au sud du Chili. Et il n’avait pas tort, c’est ainsi qu’il découvrit une route maritime naturelle qui porte aujourd’hui le nom de “Détroit de Magellan”. Longue et sinueuse de plus de six cents kilomètres, cette route de jonction dans un labyrinthe de canaux entre les océans Atlantique et Pacifique, est aujourd’hui le couloir maritime le plus important du globe. Ainsi, après de nombreuses péripéties, maladies et naufrages, morts et mutineries, un seul des cinq navires partis trois ans plus tôt rentre en Espagne. Mais Magellan parvint à réaliser le projet de Christophe Colomb : faire le tour de la terre par la mer, mais en passant cette fois par l’Océan indien. Une immense prouesse aux yeux de l’Europe. Magellan est tué lors d‘une affrontement avec des locaux après la découverte des îles des Philippines le 17 mars 1521.
James Cook (1728-1779), à la découverte de l’Australie
James Cook, issu d’une famille modeste du Yorkshire en Angleterre, affectionne tout particulièrement, et depuis sa plus tendre enfance, la géographie, puis par suite logique la cartographie. C’est ainsi que, petit à petit, il s’intègre dans des expéditions maritimes. Dès l’âge de dix-huit ans il est mousse sur un navire de charbonnier. Très vite il fait remarquer ses talents de scientifique et cartographe par la couronne anglaise qui le soutient dans ses expéditions. Fasciné par le mythique continent austral, il explora tout l’Océan Pacifique sud, mais finalement navigua sur toutes les mers du globe. Il fît de multiples découvertes, particulièrement en Océanie, et découvrit entre autres l’Australie, la Nouvelle-Zélande, puis la Nouvelle Calédonie, les îles Sandwich à Hawaii. James Cook, le mythique “Capitaine Cook”, de retour à Hawaii en février 1779, se fît poignarder par des locaux lors d’affrontements entre les habitants de l’île et les troupes britanniques.
Les voyages de Cook marquèrent la fin des Grandes Découvertes du XIVè siècle. Tous ces personnages mythiques - et bien d’autres encore mais nous ne pouvons pas tous les citer - caractérisent les découvertes géographiques des XIIIè et XIVè siècles, qui bien sûr ont favorisé de larges progrès sur la connaissances des mers et des océans du globe.